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Chokkan, forme rigoureusement verticale.

C’est une des formes codifiées la plus difficile à réaliser du fait de sa rigidité et de sa vigueur. Cette forme stable et immobile, dégage une puissance , évoque une grandeur et montre son existence avec beaucoup de dignité.

Les espèces suivantes ne peuvent adopter que cette forme selon la codification du Bonsaï japonais ; Cryptomeriadu Japon , cyprès Hinoki , Ginkgo biloba .

CHOKKAN

CHOKU : Droit et raide

KAN : Tronc Les deux consonnes « K » effacent phonétiquement la voyelle se trouvant entre les deux et donnent un mot composé « CHOKKAN » au lieu de CHOKU-KAN .

Forme de base .

  • Il n’y a pas le moindre mouvement sur le tronc .
  • Il doit être impérativement droit.
  • La conicité de celui-ci est aussi obligatoire
  • La position de la cime se trouve dans l’alignement vertical du collet
  • La distribution des trois premières charpentières est identique à la forme moyô
  • La première branche charpentière se trouve en première position soit à droite soit à gauche de l’arbre.
  • La deuxième se met en position opposée à la première mais s’oriente légèrement vers la face, ou à l’arrière de l’arbre donnant de la profondeur
  • La troisième se positionne ( 1 ) en arrière donnant la profondeur si la deuxième est en position opposée à la première , (2) en position opposée à la première si la deuxième se trouve en arrière
  • Contrairement aux autres formes , le tronc ainsi que la cime du chokkan ne sont pas inclinés vers la face .
  • Une présence d’un sashi-eda ( branche indicatrice) positionnée entre 1/3 et 2/3 de la hauteur est assez fréquente chez les conifères dont leurs paliers ne sont pas très denses ( relativement plus d’espace entre les paliers ).
  • Enfin , l’enracinement (nebari), est comme tout le monde le sait à présent , obligatoirement étoilé .

Le sashi-eda

Le sashi-eda ( branche indicatrice ) est souvent long et imposant chez la forme moyô . Chez le chokkan , on se contente de casser quelque peu la monotonie des lignes du houppier en disposant un sashi-eda sur la partie supérieure de l’arbre . Souvent le sashi-eda se positionne sur le côté opposée de la première charpentière sauf si la réelle première branche est considérée comme kuitsuki-eda ( branche mordante : branche courte qui a le rôle de combler un espace vide sans toutefois le boucher complètement ).

Variantes

Relativement peu de variantes à proprement parler à cause des critères stricts de cette forme . Parmi les plus fréquentes , trapue ,haute , houppier décentré , association chokkan-bunjin .

Trapue : Le houppier en forme triangulaire dont la ligne de base est plus longue que les deux autres . On la rencontre souvent chez le Pin à 5 aiguilles . Afin de mieux supporter la masse foliaire , le tronc doit être aussi trapu . Haute : Le houppier plus élancé que celui de la forme de base . On représente un arbre plus jeune avec cette variante . On oriente les dernières charpentières légèrement vers le haut , et on forme la cime assez pointue . Houppier décentré : L’ensemble du houppier est décalé légèrement vers la droite ou la gauche par rapport au tronc . Cette variante peut être fréquente chez les feuillus . On évite ainsi une certaine monotonie de la morphologie du houppier que la structure en paliers non distincts entre eux peut créer . Chokkan-bunjin  : C’est une association de deux formes chokkan et bunjin . On l’appelle en japonais , bunjin-fuu-chokkan , c’est à dire , chokkan à la mode de bunjin . Mais pour que ce soit un véritable chokkan , les critères décrits plus haut doivent être respectés . Sinon on l’appellera chokkan-fuu-bunjin ( bunjin à la mode chokkan ) .

Mise en forme .

Il est plus difficile chez le chokkan que chez le moyô d’assurer une conicité sur le tronc . Car le tronc doit être maintenu rigoureusement droit . La conicité dans la forme moyô peut être obtenue en remplaçant successivement la continuité du tronc par une branche. Chaque remplacement du tronc donne naissance à une courbe. Mais pour le chokkan , il est interdit d’avoir la moindre trace de courbure sur le tronc. Pour résoudre ce problème , il n’y a pas 36 solutions. Après avoir déterminé la hauteur de l’arbre , il faut essayer de faire pousser des branches-rameaux en quantité sur la partie basse du tronc afin de la faire grossir . Plus vous les laissez pousser sur le tronc , plus le tronc grossira. Mais les cicatrices seront aussi grosses proportionnellement. Car ces branches-rameaux seront supprimées quand l’épaisseur du tronc atteindra le niveau souhaité.

La sélection des branches charpentiéres doit être faite au dernier moment , c’est-à dire après avoir obtenu la conicité du tronc. Car les charpentières sélectionnées deviendront trop grosses pendant la durée de la formation de la conicité du tronc ( il faut compter quelques années ). Le nebari (enracinement ) étoilé est aussi assez difficile à obtenir. Souvent on fait appel au greffage des racines. La greffe par approche en utilisant des jeunes plants possédant un pivot est très facile et le résultat est plus que satisfaisant. La distance entre les charpentières doit diminuer en allant vers la cime. Ce n’est pas tellement une difficulté mais il faut y penser. Essayer de garder davantage de branches sur le tronc pendant la formation de la conicité.

Quelle que soit la forme codifiée , on forme des paliers distincts chez les conifères , et on n’en forme pas chez les feuillus , fleurs-fruitiers sauf chez les espèces ornementales comme l’azalée ( elle seule forme une école spécifique d’un autre Bonsaï au Japon ),le cotonéaster .

Voici un exemple schématisé de formation d’un chokkan à partir d’un jeune plant.

  1. Jeune plant.
  2. Suppression du pivot. Détermination de la hauteur du futur chokkan.
  3. Constitution de la cime. Laissez pousser librement les branches de base , par contre taillez les branches se trouvant sur la partie supérieure du tronc afin de diminuer l’épaississement de cette partie du tronc . Conservez précieusement tous les départs de rameaux du tronc. C’est avec ces petits rameaux que l’on constitue les charpentières. Pour faciliter la naissance des bourgeons sur le tronc , il est conseillé de laisser pénétrer la lumière au centre de l’arbre en ligaturant et élaguant les grosses branches. Si besoin , effectuez le greffage des racines à ce stade. 4. Suppression des branches qui servaient au grossissement du tronc. Laissez pousser toutes les petites branches , puis sélectionnez les charpentières. Ligaturez les.